Accessibilité · Permis poids lourd
Sourds et malentendants : le permis poids lourd est désormais possible
- Par Lysa
- Publié le
- Mis à jour le 5 octobre 2026
Longtemps, une surdité importante fermait la porte du camion. Ce n’est plus le cas : depuis 2022, une personne sourde ou malentendante peut obtenir un permis poids lourd, à condition que des aménagements compensent son déficit auditif. Voici les critères médicaux, le parcours à suivre, les aménagements prévus à l’examen et la façon de préparer la théorie sans dépendre du son.
Ce qui a changé en 2022 pour les conducteurs sourds
L’aptitude médicale à la conduite est encadrée par une liste officielle des affections compatibles ou non avec le permis. Sa refonte, l’arrêté du 28 mars 2022, a profondément changé la situation des personnes sourdes et malentendantes. Comme le rappelle la Sécurité routière, la conduite d’un véhicule du groupe lourd est désormais largement ouverte aux personnes atteintes d’un handicap auditif sévère, dès lors qu’un aménagement adapté compense le déficit.
Le changement est encore récent et peu connu, y compris des centres de formation et des employeurs. Selon France Routes, une trentaine de personnes sourdes seulement conduisaient un camion en France en 2024. Autrement dit, la voie est ouverte, mais peu de candidats l’ont encore empruntée.
À retenir
La surdité n’est plus, en soi, un motif d’exclusion du groupe lourd. L’aptitude s’évalue au cas par cas, avec des aménagements du véhicule ou de la conduite si nécessaire.
Les critères d’audition pour le groupe lourd
Lors du contrôle médical, l’audition est vérifiée par un test simple : entendre une voix chuchotée à un mètre et une voix haute à cinq mètres. Selon le résultat, trois situations se présentent :
- Audition suffisante : aucune restriction liée à l’audition
- Déficience auditive modérée ou moyenne : compatible, avec une mention restrictive sur le permis (code 42, rétroviseurs adaptés)
- Déficience auditive sévère ou profonde : compatible après une évaluation spécialisée, avec les aménagements nécessaires et l’avis favorable d’un inspecteur du permis de conduire lors d’un test pratique
Le parcours d’évaluation : trois interlocuteurs
Le parcours repose sur trois interlocuteurs qui travaillent ensemble : l’inspecteur du permis de conduire, le médecin agréé par la préfecture et l’équipe de l’Agefiph chargée de la pré-évaluation des capacités à la formation. Voici comment s’enchaînent les étapes.
1. Prévenez le bureau de l’éducation routière
Contactez dès le début le bureau de l’éducation routière de votre préfecture. L’inspecteur du permis de conduire est ainsi informé de votre démarche : il peut vous conseiller et organisera le rendez-vous d’évaluation le moment venu.
2. Le contrôle chez un médecin agréé
Le médecin agréé délivre l’avis médical (Cerfa 14880*02). Il vérifie si votre handicap est isolé ou associé à une autre affection qui pèserait sur la sécurité de la conduite. Consulté avant la pré-évaluation, il peut préconiser des aménagements qui y seront testés ; consulté après, il valide ceux qui ont été retenus.
3. La pré-évaluation des capacités à la formation (PECF)
C’est le cœur du dispositif. Une équipe réunissant un formateur, un ergothérapeute et un médecin spécialiste de la réadaptation détermine les aménagements du poste de conduite ou les équipements adaptés à votre situation. L’évaluation dure une demi-journée :
- Des tests sur un simulateur de conduite, dont le tableau de bord et les commandes se reconfigurent
- Une mise en situation sur plateau technique, qui examine aussi l’accès à la cabine et les autres gestes du métier
- À l’issue, des préconisations personnalisées d’aménagement ou d’équipement du véhicule

4. L’avis de l’inspecteur du permis de conduire
L’inspecteur valide les préconisations et s’assure que vous conduisez en sécurité avec les aménagements retenus. Il rend son avis lors de l’examen du permis si vous êtes en formation, ou après un test pratique si vous régularisez un permis déjà obtenu.
Bon à savoir
Tous les conducteurs du groupe lourd, en situation de handicap ou non, passent un contrôle médical périodique chez un médecin agréé. Ce suivi n’est donc pas propre à la surdité.
Les aménagements prévus à l’examen
Le code de la route (ETG)
Si votre permis B a plus de cinq ans, vous devrez en principe repasser le code avant le permis poids lourd. Les candidats sourds et malentendants peuvent le passer lors de séances spécifiques, organisées par l’administration :
- L’examinateur lit les questions, gère le temps de réponse et peut relire une question à votre demande
- La durée totale de l’épreuve est plus longue que dans une séance classique
- Un interprète en langue des signes française (LSF) peut vous assister ; sa prestation est prise en charge par l’État
Pour en bénéficier, contactez l’interprète de votre choix : c’est lui qui prend contact avec le service chargé des examens. Munissez-vous d’une pièce d’identité et d’un justificatif : reconnaissance du handicap par la MDPH, aménagement reconnu par l’Éducation nationale ou certificat médical de moins de six mois.
Le plateau et la circulation
Aux épreuves pratiques, un interprète en LSF peut traduire l’accueil, la présentation de l’examen, ainsi que les questions et les réponses liées aux vérifications du véhicule. Signalez votre situation dès l’inscription dans votre centre de formation, pour que l’organisation soit prévue le jour de l’examen.
Le conseil
Pendant la formation, convenez avec votre moniteur de signes simples pour les consignes de conduite. Vous gagnerez en sérénité au volant, et l’examen se déroulera dans des conditions déjà rodées.
Conduire un poids lourd au quotidien quand on est sourd
Au volant, la vue fait l’essentiel du travail : rétroviseurs, signalisation, voyants du tableau de bord. Les difficultés portent surtout sur la communication, avec l’exploitation, les clients ou sur les quais. Plusieurs solutions existent déjà :
- Des rétroviseurs adaptés, pour compenser l’absence de repères sonores
- Des échanges écrits avec l’exploitation : messagerie, informatique embarquée, SMS plutôt que téléphone
- Des lexiques en langue des signes propres au poids lourd et des pictogrammes pour les contenus de formation, en cours de développement
Des associations accompagnent les conducteurs et les candidats, comme l’Association des routiers sourds de France (ARSF) ou la Fédération nationale des sourds de France. Elles sont de bons interlocuteurs pour préparer un projet professionnel dans le transport.
Ces échanges écrits se font toujours véhicule garé. Lire un message en roulant est interdit, et depuis octobre 2026 le préfet peut suspendre le permis d’un conducteur surpris le téléphone en main : nous détaillons cette mesure dans notre article sur la suspension du permis pour téléphone au volant.
Réviser le permis poids lourd sans dépendre du son
Une bonne partie de la préparation théorique passe traditionnellement par l’oral : explications en salle, commentaires du moniteur, vidéos. Pour un candidat sourd ou malentendant, chaque consigne manquée devient une lacune à rattraper seul, souvent avec des supports papier incomplets.
L’application Permis Lourd est adaptée aux sourds et malentendants : tout le programme du permis C y est rédigé, illustré, et toutes les vidéos sont sous-titrées. Vous révisez à votre rythme, et vous revenez autant de fois que nécessaire sur ce qui vous a échappé en cours.

- Les 200 questions écrites, à lire à votre rythme, regroupées en fiches de 10 comme à l’examen, avec une série qui reprend vos erreurs
- Les 12 fiches de l’interrogation orale, entièrement rédigées : vous apprenez exactement ce que vous présenterez à l’inspecteur, avec ou sans interprète
- Les 3 contrôles du véhicule et les 6 thèmes de formation, illustrés et suivis d’un quiz
- Les 4 épreuves de maniabilité, présentées par des schémas de tracé plutôt que par des explications orales
- Les 14 étapes du déroulé de l’examen, avec leurs vidéos sous-titrées : vous arrivez sur la plateforme en sachant ce qui vous attend
La lecture vocale des questions existe, mais elle reste une option : rien dans l’application n’oblige à l’activer. Le compte à rebours de l’interrogation orale s’affiche à l’écran, et votre taux de réussite se suit fiche par fiche.
Côté budget : 19 € TTC pour 30 jours d’accès (tarif hors promotion), sans engagement, après un essai gratuit qui n’expire pas. Et si votre centre de formation utilise déjà l’application, il vous ouvre l’accès lui-même.
Et pour financer la formation ?
Plusieurs aides peuvent se combiner : l’Agefiph lorsque le permis est nécessaire à votre emploi, France Travail si vous êtes demandeur d’emploi, votre Région, et bien sûr votre compte personnel de formation. Tous les détails sont dans notre article sur le financement du permis poids lourd avec le CPF.
Sommaire
Application Permis Lourd
Tout le programme à l’écrit, vidéos sous-titrées
Les 200 questions, les 12 fiches orales et les 4 épreuves de maniabilité du permis C, à réviser sans le son.
Accès démo gratuit, sans date de fin
Questions fréquentes
Permis poids lourd et surdité : vos questions
Peut-on passer le permis poids lourd quand on est sourd ?
Oui. Depuis l’arrêté du 28 mars 2022, une surdité, même sévère ou profonde, n’est plus un motif d’exclusion automatique du groupe lourd. L’aptitude est évaluée au cas par cas par un médecin agréé, avec une évaluation spécialisée et, si nécessaire, des aménagements.
Que signifie la mention 42 sur le permis ?
C’est un code restrictif européen qui impose des rétroviseurs adaptés. Il peut être inscrit sur le permis d’un conducteur poids lourd atteint d’une déficience auditive modérée ou moyenne.
Qu’est-ce que la PECF ?
La pré-évaluation des capacités à la formation. Pendant une demi-journée, une équipe de l’Agefiph (formateur, ergothérapeute, médecin spécialiste de la réadaptation) vous fait passer des tests sur simulateur et sur plateau technique, puis propose des aménagements ou des équipements adaptés. Ses préconisations sont ensuite validées par le médecin agréé et par l’inspecteur du permis de conduire.
Peut-on avoir un interprète en langue des signes à l’examen ?
Oui. À l’examen du code, lors des séances spécifiques, l’interprète LSF est pris en charge par l’État. Aux épreuves pratiques, un interprète peut traduire l’accueil, la présentation et les échanges sur les vérifications du véhicule.
Ces règles concernent-elles aussi le permis CE ?
Oui, elles s’appliquent à toutes les catégories du groupe lourd : C1, C, C1E, CE, et les permis de transport de personnes D1, D, D1E et DE. Dans l’application Permis Lourd, le permis C est disponible en totalité et le permis CE est en préparation.
Les vidéos de l’application Permis Lourd sont-elles sous-titrées ?
Oui, toutes les vidéos sont sous-titrées, et l’ensemble du programme est rédigé : questions, fiches orales, thèmes, contrôles. La lecture vocale reste une option que vous n’êtes pas obligé d’utiliser.
Révisez le permis C à votre rythme, sans dépendre du son
Un programme entièrement rédigé, des vidéos sous-titrées et un suivi de votre progression : essayez l’application avec l’accès démo, gratuit et sans date de fin.